Une quête de sens

Je suis (non-)intervenu à SudWeb 2013 pour animer un débat sur le sens de notre implication dans notre métier suite à une informelle donnée à ParisWeb 2012. J'avais choisi des thématiques très larges telles que l'argent, l'utilité, la reconnaissance, l'adrénaline, le partage, la santé, l'écologie ou le fun. L'objectif était d'avoir un débat non technique et de faire se poser quelques questions à l'auditoire sur les choix qu'ils font professionnellement (et finalement personnellement aussi) au cours de leur vie. Petite rétrospective sur cette heure d'échanges à plus de 100.

Ce qui a bien marché

  • le fait d'énoncer des règles claires en début de session a permis de ne pas avoir de monopolisation de la parole par un seul petit groupe de personnes (après discussion avec le staff de SudWeb, ils faisaient attention dans la distribution des micros à répartir équitablement la parole donc cela ne se faisait pas tout seul non plus ;-)) ;
  • la disposition de la salle a beaucoup fait pour que le débat soit possible et qu'une dynamique de communication en face-à-face se mette en place ;
  • la participation a été assez exceptionnelle avec un démarrage immédiat du débat (je stressais un peu de me retrouver avec une salle muette) et un engagement qui n'a pas faibli au cours de la session ;
  • la variabilité dans les points de vues et les niveaux de recul des participants, c'était à titre personnel assez rafraichissant d'avoir des remarques qui partaient un peu dans tous les sens sans forcément suivre les thématiques proposées ;
  • mon silence, j'ai réussi à me retenir plusieurs fois d'intervenir pour laisser la parole à la salle, c'est extrêmement frustrant mais je pense que cela a été bénéfique au débat ;
  • les discussions que cela a produit au cours des jours suivants, je n'avais jamais eu autant de retours suite à une intervention et au-delà des retours personnels j'ai pu observer de nombreux échanges — en périphérie des sessions — relatifs au débat ce qui ne peut que me ravir.

Ce qui pourrait être amélioré

  • beaucoup de consensualité dans les échanges et j'ai du mal à trouver comment est-ce que cela pourrait évoluer, ni même si ça doit l'être. Ma crainte est plus dans le mode « bisounours » activé par la prise de parole en public ;
  • l'introduction des thèmes à partir de questions focalisait la salle sur les questions et peu sur la thématique au sens large, c'est dommage mais je n'ai pas trouvé mieux pour lancer les sujets ;
  • le sujet sur l'adrénaline n'a pas été compris par tout le monde et j'ai eu des retours très contrastés par la suite (certains ne s'y retrouvant pas du tout et d'autres à fond), l'objectif était surtout de faire une pause dans les sujets plutôt lourds qui étaient discutés avant et après ;
  • le sentiment de frustration vu le nombre de personnes qui souhaitent s'exprimer mais c'est le jeu, on avait 60 minutes pour une centaine de personnes ça fait quelques secondes seulement par participant…

Et la suite ?

Une question ouverte en guise de conclusion sans avoir vraiment de proposition technique concrète pour continuer le débat. Après réflexion (et de nombreuses discussions), je ne pense pas qu'il soit pertinent de continuer en ligne par contre je serais ravi que les discussions continuent ici ou ailleurs en espérant avoir semé quelques graines qui pourront germer de proche en proche.

fortune 937

<GoOz>
bah si j'ai visité les jardins de Versailles en Segway :D

Votre plan B est toujours meilleur que votre plan A (Ou pourquoi le chemin le plus court entre deux points n'est pas toujours la ligne droite)

Hé Bob, j'ai coupé le mauvais pied, c'est quoi ton plan B ?

Le plus court chemin entre deux points est toujours la ligne droite, si et seulement si les deux points sont parfaitement alignés.

Ce week-end, c’était mise en production. Un petit pas pour le soft, mais des traitements portants sur des centaines de millions d’enregistrements, et une fenêtre de tir extrêmement réduite, application B2B oblige.

Jeudi matin, après une batterie de tests portant sur des volumes six fois moindres que ceux que nous avions à traiter, le couperet tombe : si le rapport entre le temps passé et la quantité de données est linéaire, il nous faudra plus de 30 heures pour migrer.

– C’est la merde… tu as un plan B ?
– Oui, en cours de test.
– Et un plan C ?
– Non mais dans le quartier, on devrait facilement trouver un plan Q.

Quatre heures plus tard, nous avons la confirmation que le plan B nous permettra de migrer dans les temps, et devrait même nous offrir une heure d’un rab’.

Imaginez que vous deviez traverser un pays, au hasard, l’Australie, en un temps limité. Ce pays est parcouru de bout en bout par une gigantesque route, toute droite. À première vue, la solution la plus simple consiste à affréter une voiture, la charger de bidons d’essence – il n’y a aucune station le long de la route route – et à se lancer à deux en se relayant au volant, car il n’y a pas non plus d’hôtel.

Ça, c’est le plan A. Le plan A est souvent (toujours) la manière la plus simple et la plus sûre de faire les choses : en misant sur la simplicité, on s’affranchit des problèmes que peuvent engendrer un système complexe.

En pratique, il y a pas mal de raisons de s’en faire. Que faire si le moteur casse en chemin et qu’il vous faille attendre une dépanneuse pour recommencer le trajet depuis le début ? Qu’arrivera-t-il si la route est coupée par les intempéries, ou rançonnée par des pirate ?

Dans les faits, la ligne droite n’est pas toujours le plus court chemin entre deux points, parce qu’elle implique une absence totale d’imprévus. Cette ligne droite, c’est le plan A.

Votre plan B est très différent.

Vous avez la possibilité de traverser le pays en zig-zag, par avion, mais au prix d’une demi douzaine d’escales, et d’un kilométrage forcément plus élevé. Il faut coordonner les vols afin de prendre votre correspondance au bon moment, en évitant les attentes au maximum, ce qui vous oblige à travailler avec plusieurs compagnies aériennes souvent concurrentes. Au final, pourtant, ce plan B s’avère le meilleur : l’avion est plus rapide que la voiture, cela compense le kilométrage. En cas d’orage ou de problème technique, pas besoin de recommencer depuis le départ, il suffit juste de recommencer l’étape. Pas la peine de s’encombrer de ressources, puisqu’on fait le plein à chaque aéroport.

Le problème du plan B, c’est qu’il est plus compliqué à élaborer, que le plan A, parce qu’il passe par toute une série d’étapes au lieu d’aller au plus simple. Il est également moins évident intellectuellement, parce qu’il exige d’étudier les problèmes sous tous les angles. Il demande un plus grand effort, mais offre en contrepartie une plus grande sécurité, des étapes plus courtes, donc aux aléas plus prévisibles,

Si chaque fois que vous vous lancez, vous élaborez un plan A, puis un plan B, vous vous rendrez très vite compte que c’est presque toujours le second que vous mettrez à exécution.


Cet article a été originellement publié par Frédéric de Villamil sur Le Rayon UX | Si vous l'avez lu ailleurs sans qu'un lien ait été fait vers l'article original, c'est qu'il a été reproduit illégalement.

Pourquoi le paradigme du Cloud Quantique® va révolutionner l'Internet mondial (ou pas)

Premier prototype de Cloud Quantique® au monde

L’annonce par ASP Servers d’une solution de Cloud Quantique® garantissant à ses clients un niveau de disponibilité record de 100% a jeté un pavé dans l’écosystème de l’hébergement haute disponibilité, reléguant Amazon, Azure et Rackspace au rang mammouths fossilisés d’un autre âge. Pourtant, cette technologie révolutionnaire apporte avec elle des paradigmes qui vont fondamentalement bouleverser notre manière d’envisager l’informatique, mais également l’arithmétique la plus élémentaire.

La fin des données telles que nous les connaissons

Le Cloud Quantique® apporte une révolution dans la manière dont nous envisageons l’existence mêmes des données stockées sur nos systèmes d’information. C’est un bouleversement des paradigmes de l’informatique moderne, puisque, tant qu’on ne cherchera pas à accéder à une donnée, il sera impossible de garantir si elle est là, ou non. Ce problème de la mesure de l’existence des données dérive directement d’un des fondements de la physique quantique élaboré en 1935, et permet de dire qu’à un instant T, une donnée existe et n’existe pas à la fois (ou qu’un disque dur de RAID est vivant selon la supervision, mais mort en réalité).

Imaginez un peu les conséquences d’une telle révolution sur nos services de la vie quotidienne, et au delà sur le législateur. Tant que vous ne visitez pas le profil d’une personne sur Facebook, celle-ci est mariée avec vous et célibataire à la fois. Le Cloud Quantique® ouvre donc la porte à la polygamie de fait ; va-t-on pour autant l’interdire ? La question est difficile.

Ce principe n’est d’ailleurs pas limité au Cloud Quantique®, puisqu’il s’applique à l’hébergement traditionnel. Les personnes ayant eu à restaurer des données à partir d’une sauvegarde le savent bien : tant qu’on ne cherche pas à le récupérer, le backup est là et pas là à la fois.

sqrt(0,9995²) = 1

Le niveau de disponibilité record de 100% annoncée par le livre blanc sur le Cloud Quantique® à partir de la réplication s’appuie sur une remise en cause fondamentale des axiomes de Peano. Deux data center offrant une disponibilité de 99.995% (au mieux) permettent en effet de garantir une disponibilité de 100%.

Appliqué à de gros volumes, sqrt(0,9995²) = 1 a déjà des impacts insoupçonnés sur l’ensemble de l’économie mondiale. C’est même, encore une fois, une véritable révolution, puisqu’il n’est plus possible de connaître à l’avance la valeur exacte d’un ensemble de titres boursiers. Devant la panique générée par cette découverte, les quotations de Paris, New York et Hong Kong ont d’ailleurs été suspendues, et le problème se répand déjà de manière quantique à l’économie réelle : on s’en fiche et on ne s’en fiche pas à la fois.


Cet article a été originellement publié par Frédéric de Villamil sur Le Rayon UX | Si vous l'avez lu ailleurs sans qu'un lien ait été fait vers l'article original, c'est qu'il a été reproduit illégalement.

Des API et des hommes

Les API actuelles — s'auto-proclamant RESTful — nécessitent bien souvent de développer un client qui leur est propre pour accéder aux données en raison de leurs spécificités. Au mieux, ces API utilisent HTTP à bon escient et font transiter du JSON à partir d'URL « propres ».

Cela semble bien éloigné de la vision de Roy T. Fielding (qui a défini REST en 2000 dans sa thèse) et qui a écrit un billet on ne peut plus clair en 2008 :

A truly RESTful API looks like hypertext. Every addressable unit of information carries an address.

Puis surenchérit en commentaire :

Think of it in terms of the Web. How many Web browsers are aware of the distinction between an online-banking resource and a wiki resource? None of them.

5 ans plus tard, on en est encore à réécrire un client pour chaque API ce qui équivaudrait à écrire un navigateur propre à chaque site web visité ! Comment y remédier facilement ? Revenir à la partie oubliée de REST : les liens.

Si votre API devient navigable, en liant chaque ressource présentée depuis sa racine, un client générique va pouvoir la parcourir de proche en proche en suivant les liens comme un utilisateur le fait sur le Web.

Cela résout énormément de problématiques à la fois lorsque l'on prend cette approche :

  • versionnement : est-ce qu'un utilisateur se soucie de la version du site qu'il consulte ? Non. Il suit les liens et si la migration a bien été effectuée il y a des redirections et les codes HTTP appropriées pour gérer ses anciens favoris. Les formulaires ont été mis à jour avec le site et il suffit qu'il remplisse correctement ceux qui lui sont dorénavant présentés.
  • URL propres : est-ce qu'un utilisateur se soucie de la beauté des URL qu'il parcoure ? Quand je vois la tête de celles produites par Google ou Amazon j'en doute. Un développeur ne devrait pas avoir à se soucier de cela si le client suit les liens qui lui sont proposés.
  • documentation : est-ce qu'un utilisateur a besoin d'une documentation pour naviguer sur votre site ? De toute façon, il y a peu de chance qu'il la lise, en revanche il est utile de lui formuler des messages d'erreurs intelligibles lorsqu'il se trompe de chemin. Il peut être intéressant de faire un rappel sur le métier et les concepts abordés car le développeur — à la différence du visiteur — n'est peut-être pas concerné par le sujet de l'API en question.
  • pagination : en utilisant les attributs permettant de typer la relation entre les liens, il est possible de fournir les liens vers la page suivante et précédente explicitement.

Ces questions se sont posées pour les sites Web également il y a des années : souvenez-vous des sites avec un /v4/ dans l'URL ou d'une page d'accueil expliquant comment accéder aux différentes parties du site en « cliquant ici ».

Bien sûr tout cela implique d'avoir un format qui soit hypertexte (pas JSON donc) comme XHTML ou Atom. Si vous voulez vraiment adapter votre JSON actuel il existe 4 implémentations tentant d'introduire des liens typés :

  • JSON-LD (LD pour Linked Data), proche des concepts du Web Sémantique ;
  • HAL JSON le plus simple, peut-être un peu trop ;
  • JSON Collections que je n'ai pas essayé ;
  • Siren le plus récent qui est en train de monter rapidement.

Lorsque vous voulez fournir un moyen d'accéder à vos données via une API hypermedia, mettez vous à la place du développeur et demandez vous si votre API est navigable, fait partie intégrante du Web et nécessite une documentation.

Ce billet fait suite à mon intervention à Mix-IT lors d'un lightning talk dont vous pourrez retrouver le support sur la partie dédiée.

Comment bien faire travailler un développeur en 2013 (d'après Comment embaucher une femme en 1943)

Je suis… ingénieur informaticien

Ce qui suit est la traduction autorisée de 2013 Guide To Hiring Engineers (based on the 1943 Guide To Hiring Women) de Penny Herscher.

Cet article est destiné aux personnes en charge du management des ressources d’ingénierie durant la révolution numérique de 2013.

11 conseils indispensables pour tirer le maximum de vos ingénieurs :

La question de savoir si les entreprises des nouvelles technologies doivent engager des développeurs à des postes autrefois occupés par des analystes système et de théoriciens de l’informatique hardcore ne se pose plus. L’explosion d’Internet et des terminaux mobiles, et la raréfaction des ressources techniques qui s’ensuivit a depuis longtemps clôt le débat. L’important aujourd’hui est de savoir comment sélectionner les meilleurs ingénieurs et comment utiliser au mieux leurs compétences.

Voici onze conseils utiles tout droit venus de la Silicon Valley :

1- Choissez des ingénieurs célibataires. Ils ont généralement plus de temps que leurs confrères mariés ou en couple, ils seront moins enclins à rentrer tôt chez eux, ils aiment leur travail sinon ils feraient autre chose, ils ont la pèche, travaillent dur et codent efficacement.

2- Si vous devez utiliser des développeurs plus âgés, employez-en qui n’ont pas travaillé toute leur vie dans l’informatique. Les vieux développeurs qui n’ont jamais été en contact avec les clients ont du mal à s’adapter et tendance à être frileux et franchement soupe au lait quand il s’agit d’ajouter des fonctionnalités. Il est bon de rappeler régulièrement l’importance de la qualité et de l’expérience utilisateur aux vieux développeurs.

3- L’expérience montre que les développeurs enclins au surpoids et qui grignotent à longueur de journée sont plus productifs que leurs confrères plus en forme enclins à consacrer du temps à faire du sport.

4- Faites passer un examen clinique à chaque développeur, afin de vous assurer qu’ils ont toutes leurs facultés de concentration et ne se droguent pas. Non seulement cette étape protègera-t-elle votre entreprise contre de possibles procès à venir, mais vérifier que votre future ressource ne se drogue pas permettra également de valider que le développeur est apte physiquement et mentalement à travailler pour vous.

5- Revenez régulièrement sur l’importance du temps de travail, combien une minute perdue par ci par là peut avoir d’importantes conséquences sur le planning produit. Tant que ce point n’est pas parfaitement compris, la productivité des équipes risque de s’en ressortir fortement.

6- Donnez chaque jour un planning détaillé à vos développeurs, de telle sorte qu’ils soient occupés du matin au soir et ne dérangent pas le management avec de constantes questions. Beaucoup de sociétés disent que les développeurs font d’excellents ouvriers si leur donne du travail prédécoupé, mais qu’ils ont du mal à prendre des initiatives.

7- Quand c’est possible, permettez aux développeurs de varier les projets dans la journée. Les développeurs sont moins moroses et plus généralement plus heureux avec un peu de changement.

8- Donnez à vos développeurs un certain nombre de pauses durant la journée. Vous devez être plus souple avec la psychologie des geeks. Un développeur aura plus facilement confiance en lui et sera plus efficace si on le laisse regarder des vidéos de chat, jouer à la console ou boire un Coca Light plusieurs fois par jour.

9- Faites attention à la manière dont vous leur donnez des instructions, ou que vous critiquez leur travail. Les développeur sont des êtres sensibles ; ils ne supportent pas les remontrances aussi bien que les commerciaux. Ne ridiculisez jamais un développeur, c’est le meilleur moyen de le rendre totalement inefficace.

10- Faites attention à ne pas dire trop de gros mots devant un développeur. Bien que ses pareils jurent à longueur de temps quand ils jouent à un FPS, les développeurs n’aiment pas les environnement de travail où l’on prononce trop de gros mots.

11- Achetez plusieurs tailles et types de chaises, bureaux et écrans. Chaque développeur a des préférences quant à son environnement de travail. C’est un point sur lequel il ne faut pas déroger si l’on veut garder ses développeurs heureux.

Comment embaucher une femme


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Passage à l'échelle

Je m'interroge de plus en plus sur cette notion de passage à l'échelle que l'on nous encourage à anticiper avec le Cloud. J'ai de plus en plus l'impression qu'elle est liée à des business models déficients qui misent sur la masse d'utilisateurs pour avoir une chance à terme de monétiser le service. Je comprends que l'on puisse avoir des investissements à rentabiliser et qu'en visant haut, malléable, on pense pouvoir retrouver un équilibre financier plus rapidement. Pourquoi placer des paliers financiers aussi élevés ?

Avoir l'ambition d'un service mondial avec des millions d'utilisateurs est finalement aller à l'encontre du Web en centralisant des données et des usages. Il y a de la place pour plusieurs services, pour de la diversité, pour des motivations et des valeurs différentes, pour des communautés complémentaires. Pourquoi vouloir devenir le TF1 du Web ?

Quelles sont les relations que vous pouvez entretenir avec des millions d'usagers ? Sont-elles sincères ? Automatisées ? Avez-vous délégué ces relations ? La reconnaissance de l'utilité d'un service passe par ces retours, c'est une forme de motivation qui s'inscrit dans la durée. On ne vend pas un service au plus offrant lorsque l'on a établi ces relations. Pourquoi chercher à ne plus être en mesure de gérer ces liens ?

Le passage à l'échelle est emblématique d'une croissance effrénée et malsaine.

Être geek

Si j'en crois les récents et moins récents billets, le geek serait un paralytique. Doublé d'un perfectionniste à la limite de l'autisme. Dur.

Difficile pour moi car c'est justement ce que je considère être la définition du geek : non pas celle de la paralysie mais celle de la curiosité (maladive parfois, soit). Pour moi le terme « geek » n'est plus du tout connoté informatique et encore moins lié à une culture, c'est le fait de pouvoir se renseigner dans un domaine particulier de façon efficace et rationnelle.

Cette faculté se développe souvent au service de la consommation car cela permet de croiser facilement des données tangibles mais pas uniquement. Il y a des geeks dans tous les domaines qui vont être à la recherche de la rareté, de la qualité, de l'esthétique dans leurs professions et/ou dans leurs loisirs. Qui vont se réaliser dans l'apprentissage de nouveaux métiers qui ne leur serviront parfois qu'une fois dans leur vie mais ils auront au moins eu le sentiment d'avoir essayé de bien le faire (de façon insatisfaisante d'après eux mais c'est un autre débat).

Revenons à l'informatique, connaissez-vous un autre métier qui génère autant de diversité ? On pourrait y voir un manque de maturité du domaine tout jeune, j'y vois plutôt cette approche geek poussée à l'extrême : creuser tout ce qui peut l'être, faire pousser l'arbre des possibles autant que cela est faisable, rejoindre un horizon qui en ouvre tant d'autres. La chance de l'informatique ce n'est pas d'être un secteur encore à défricher mais un catalyseur à personnes curieuses. Et c'est la raison pour laquelle j'aime mon métier, en mouvement :-).

"Devenir un Webmaster pour les nuls" : le prix d'un site

Suite et fin des extraits que j'ai pu trouver dans le livre "Devenir un Webmaster pour les nuls", datant de 2001. Finalement je ne vais pas terminer par les plus comiques mais par un passage sur "le prix d'un site" relativement intriguant.

Bon, d'accord, ce sont encore des francs, mais tout de même.

Indépendants et professionnels, préparez-vous à être riches.

Pour rappel 30 000F = 4500€. Très honnêtement, même en tenant compte de l'inflation et de l'évolution du coût du travail, je trouve ces indications peu encourageantes pour l'époque. Est-ce une mauvaise traduction ?

Il y a, cependant, un constant dont on peut être sûrs : la démocratisation d'outils de gestion de contenu - pour leur grande majorité open-source (merci) - et d'aides à la conception graphique ont considérablement facilité l'accès à ces technologies, à bien moindre coût. Le plus difficile reste bien entendu toujours de signifier que l'on ne développe pas un clone de Youtube ou Facebook en une semaine, et ceci même en Chine. Quoique...

7 trucs fondamentaux pour trouver votre cofondateur (technique)

Grieg et sa femme jouant à quatre mains

N’importe quel imbécile peut avoir 15 idées géniales par jour, mais tout le monde n’est pas capable de la réaliser. J’ai d’ailleurs une douzaine de projets qui attendent que je m’y remette.

La semaine dernière, Alex Delivet estimait à 1/100 le ratio biz guy / développeur prêts à se lancer dans l’aventure entrepreneuriale. Même si ces proportions sont exagérées, et qu’elles tournent aux alentours de 1/10, la disparité entre les profils nécessite de faire attention quand on recherche son cofondateur technique.

Entre les listes de diffusion de développeurs et mon adresse de contact, j’ai vu passer pas mal de wanna be entrepreneurs qui se tiraient une balle dans le pied avant même d’avoir pu commencer à raconter leur histoire. J’en ai tiré 7 conseils fondamentaux pour prendre contact avec son futur cofondateur.

1. Présentez-vous (!!!)

Se présenter est le B A BA de la politesse, à tel point que la plupart des gens passent à côté.

Le premier contact n’est pas un elevator pitch, mais l’établissement d’une relation entre personnes ; c’est vous que vous vendez avant de vendre votre projet. Présentez-vous avant de parler de votre projet. Si vous avez déjà brièvement rencontré votre interlocuteur, rappelez-lui qui vous êtes, et dans quelles circonstances.

Se présenter avant d’annoncer son projet donne en plus le contexte : qui êtes-vous ? D’où venez-vous ? Quelle est votre formation, votre profil ? Qu’avez-vous fait avant de lancer votre entreprise ? N’hésitez pas à ajouter des liens qui peuvent vous sembler intéressants : liens vers votre blog, votre compte Twitter, votre profil Linkedin ou mieux, votre compte Github. Ne forcez pas votre interlocuteur à vous googler, il le fera certainement de lui-même si votre mail l’intéresse.

2. Présentez votre projet

Présentez rapidement votre. Soyez précis et concis au lieu de rester dans le flou. Je souhaite monter une plate-forme Web, autrement dit une startup montre que vous ignorez où vous allez et vous place directement dans la case “guignol pas sérieux qui ne sait pas de quoi il parle”. Et si vous voulez vraiment terminer dans le répertoire spam de votre interlocuteur, la solution la plus rapide est probablement de mentionner un NDA.

Personne ne veut vous voler votre idée, parce que personne n’en a rien à faire. En parler permet d’obtenir des avis, des conseils, des pistes d’extension ou de réalisation… Mes derniers échecs m’ont appris une chose : on ne peut pas maturer une startup en stealth mode ; c’est une connerie monumentale. En parler autour de soi est la meilleure manière de sortir la tête du guidon et d’être ramené à la – souvent dure – réalité.

3. Apprenez à coder et réalisez un prototype

Apprenez à coder, ça n’a rien de vraiment sorcier. Il existe de nombreux sites d’apprentissage de la programmation. Certains comme Coursera ou Codecademy sont même gratuits, et largement suffisants pour réaliser le premier prototype de votre produit.

Si vous n’avez aucune légitimité en tant qu’entrepreneur, personne n’acceptera de vous suivre sur votre simple bonne mine. Fermez ce fichier Excel sur lequel vous prenez vos désirs pour des réalités, et lancez vous : vous montrerez à ceux que vous contactez que vous êtes capable de vous débrouiller pour obtenir ce que vous voulez, même si c’est moche, que c’est fonctionnellement hyper limité et que ça ne scalera jamais. Au moins, ça existe.

4. Faites les choses à l’endroit : d’abord les hommes, ensuite la technique

À moins d’être vous-même développeur et de vouloir partir sur une technologie que vous connaissez vraiment, ne vous bridez pas en cherchant un CTO qui maîtrise [insérez ici un buzzword à la mode] sous pretexte que 01 Informatique dit que c’est bien.

Le marché est réduit, cherchez d’abord la personne avec laquelle vous aurez vraiment envie de fonder votre entreprise, vous vous focaliserez sur la technologie après. Peut-être avez-vous lu que Ruby On Rails ne scalait pas, que PHP était broken by design, ou que Java bouffait une quantité incroyable de ressources, développeurs et machines mélangés. Ce n’est pas grave. Si Mr. (ou Mrs.) Right maîtrise une technologie, ce serait dommage de passer à côté. Assurez-vous juste que cette technologie soit un tant soit peu pratiquée sur le marché : Scala, oui, Fortran77, non !

5. Ne parlez pas de vivre à crédit !

Par principe, une startup n’a pour argent que celui de ses fondateurs. Personne ne vous fera confiance si vous expliquez d’entrée de jeu que vous comptez vivre à crédit, et dépenser l’argent des autres.

Soyez honnête : dites que vous n’avez pas encore de business model, ou mieux, n’en parlez pas du tout pour un premier contact. Mais d’une manière générale, bannissez de votre vocabulaire des termes comme “business angels”, “capitaux risqueurs”, ou “crowdfunding”. Ils donnent une image catastrophique de votre capacité à monter un business.

6. Soyez humble

Vous prenez contact avec quelqu’un qui sait des choses que vous ne connaissez pas et dont vous avez besoin.

Si vous vous montrez un tant soit peu hautain vis à vis de “la technique”, vous êtes mort. Pour que votre duo fonctionne, il faudra que vous passiez les prochaines années à apprendre pourquoi il considère certaines choses importantes, et d’autres pas (et vice versa). Même si c’est le cadet de vos soucis, il vous faudra apprendre à comprendre ce qu’il fait.

Ne donnez pas l’impression que vous avez déjà planifié toute l’aventure, vous montrerez que vous êtes complètement à côté de la plaque. Votre business plan est un document dans lequel vous prenez vos désirs pour des réalités, pas le scénario d’un film (catastrophe) tel qu’il sera réalisé.

7. Soyez concis

Ne racontez pas votre vie, c’est un premier contact, pas une séance chez le psy. Vous devez donner envie à votre interlocuteur de reprendre contact avec vous pour un petit déjeuner, une bonne bouffe ou un café.

Il y a quelques mois, j’ai travaillé avec quelqu’un qui considérait qu’un mail ne devait pas faire plus de trois phrases. Sans aller aussi loin, mettez-vous à la place de votre interlocuteur : combien de temps seriez-vous prêt à consacrer à ce genre de sollicitations ? Et non, votre projet n’est pas génial au point que la terre doive s’arrêter de tourner pour vous.

Je terminerai par un dernier conseil, qui sort du cadre de ce billet. Vous voulez vraiment lancer une startup et vous croyez que votre projet va révolutionner le monde ? Participez à un startup week-end. Durant 54 heures, vous serez confronté à la réalité, monter un business plan, créer un prototype et pitcher des investisseurs ou des entrepreneurs aguerris, et travailler avec des vrais gens, pas juste avec une feuille Excel.


Cet article a été originellement publié par Frédéric de Villamil sur Le Rayon UX | Si vous l'avez lu ailleurs sans qu'un lien ait été fait vers l'article original, c'est qu'il a été reproduit illégalement.